
En décembre1995, dans un atelier déglingué, au fond d’un terrain vague impasse des Deux-Nèthes, des citoyens du quartier se réunissent et décident de créer une association. Quelques semaines plus tard, les statuts de déclic 17/18 sont déposés en préfecture. C’est seulement en 2005 qu’est inauguré le jardin des Deux-Nèthes, projet porté par notre association. Nous avons appris que, avec la mairie de Paris, tout est excessivement long, du Parcours des peintres à la recréation du métro La Fourche, jusqu’à la toute petite porte du cimetière Montmartre… Trente ans plus tard, où en est l’association ?
Recréation de la sortie du métro La Fourche : livraison en janvier prochain
Le dernier de nos « grands chantiers » – disons le plus récent, même s’il aura fallu huit longues années pour que notre projet adopté aux budgets participatifs voie le jour – sera livré fin janvier. Le 4 mars dernier, dans un de ces préaux d’école qui sont parfois le symbole d’une certaine démocratie citoyenne, une brillante équipe de la RATP a présenté le projet en détail et déroulé le planning des travaux. Leurs interventions ont été très appréciées par la soixantaine de participants : un de ces chantiers « comme en n’en voit qu’un dans une carrière », selon les professionnels présents enthousiasmés par ce projet. Des élus du XVIIe étaient présents dont le maire Geoffroy Boulard qui a rappelé le rôle décisif de déclic 17/18.Tout aussi décisif, le versement par la mairie du XVIIe des 400 000 euros complémentaires, indispensables au financement du chantier dont le coût avait presque doublé entre l’adoption du budget et le démarrage des travaux.
Dans ce dossier au long cours, la mairie du XVIIIe brilla par son absence…
On ne reprochera pas à la RATP le retard de trois mois pour une ouverture initialement annoncée mi-octobre, tant les travaux sont délicats. Mais on regrettera de ne pouvoir inaugurer ce monument retrouvé alors que, en janvier dernier, nous avions presque enregistré l’engagement à y participer de Jean Castex, alors président de la RATP.
A quelques mois des élections municipales, ce genre de célébration, rite si nécessaire, est interdit. Voir si en avril ou mai 2026…
Toujours l’avenue de Clichy et ses commerces.
En octobre 2023, le Conseil d’arrondissement du XVIIe avait voté à l’unanimité que la Charte de qualité des commerces de l’avenue de Clichy signée en 2016 à l’initiative de notre association soit étendue jusqu’à la porte de Clichy afin de mieux prendre en compte la question de la propreté et celle de la tranquillité publique. Pourquoi pas ? Mais que déjà se mettent en place les contrôles réglementaires (hygiène, droit du travail), pour contrer la prolifération des commerces de junk-food, notamment en appelant les syndics à veiller au type de commerce installé au pied de leur d’immeuble. Ce ne sera pas le plus facile. Saluons les déclarations de Laurent Nunez en avril dernier : alors Préfet de police, dans la guerre annoncée aux narco-trafics, il évoqua le recyclage d’argent sale par certains commerces, citant précisément le type de commerces qui jalonnent l’avenue.
Et maintenant, lancer de nouveaux « grands projets » ?
Ces « belles victoires » ont nécessité pour notre association huit à dix années d’interventions.
Devons-nous étudier d’autres propositions dont la mise en œuvre serait aussi dévoreuse d’énergie, de temps surtout ? Nous sommes à l’écoute des suggestions des adhérents prêts à suivre de nouveaux dossiers pendant « un certain temps », à moins que la mairie de Paris ne change radicalement ses pratiques.
Longtemps nous avons joué la carte des budgets participatifs
Du Parcours des peintres à la recréation de l’accès au métro La Fourche ou la rénovation des trottoirs de l’avenue de Clichy, si long qu’ait été le processus, nous avons engrangé des résultats après avoir fait adopter ces projets en budget participatif.
Aujourd’hui, à cause de la nouvelle règle qui veut qu’un projet ne soit proposé au vote que s’il couvre des actions de plusieurs centaines de milliers d’euros, nos projets – forcément centrés sur nos quartiers – sont regroupés et « noyés » dans un fatras disparate et non lisible. Ne sont adoptés que des projets qui devraient relever des obligations de la ville : rénovation d’écoles primaires, d’équipements sportifs, etc. Autant de projets plus lisibles et qui se prêtent mieux au lobbying. D’autant plus que le système de vote prend en compte pour chaque projet les avis positifs et… les avis négatifs !
C’est le cas de notre proposition de revoir les pieds d’arbre entre la place et la Fourche qui n’a pas été adopté faute de voix. La mairie du XVIIe le reprendra-t-elle à son compte ?
Quoi qu’il en soit il n’y aura pas d’édition en 2026 pour cause d’élections municipales.
A défaut de pouvoir décisionnaire, notre « ministère de la parole » peut être efficace
Il est vrai que, année après année, nous avons créé un outil qui fonctionne et qui demeure.
Déclic 17/18 a su se faire connaître des habitants du quartier et, vaille que vaille, s’imposer dans le paysage, auprès des élus, nos premiers interlocuteurs. Le réseau de contacts que nous avons tissés, nous le mettons régulièrement au service d’habitants du quartier qui saisissent déclic 17/18 de difficultés ou de nuisances qui les touchent particulièrement, si ces interventions sont compatibles avec les valeurs que nous avons toujours défendues. Car si notre association fonctionne – encore – bien, si l’outil est là, ses animateurs, trop peu nombreux, s’interrogent quand des habitants nous contactent ; « que faire face à ces terrasses invasives et bruyantes, ces anomalies de voirie, ces dépôts sauvages… », que nous leur indiquons la marche à suivre, à qui d’adresser etc., et que, trop souvent, nous n’en avons plus de nouvelles…On compte sur déclic 17/18 pour régler l’affaire. Informer, accompagner, c’est notre rôle. Responsabiliser aussi.
Ministère de la parole : le Journal déclic 17/18 en est le vecteur principal
En 2025, tenant le rythme bi-annuel, nous avons publié les n°45 (printemps-été 2025) et 46 (automne-hiver 2025), adressés sous enveloppe aux adhérents et aux élus des secteurs où nous intervenons, distribué dans les trop rares réunions publiques. Il est attendu et apprécié : les nouveaux adhérents déclarent parfois vouloir « s’abonner à la revue ».
Trente-cinq éditions du Journal, depuis le n°11 (automne 2001) sont consultables sur notre site Internet. Au-delà de quelques articles marqués par l’actualité, cela représente une documentation très riche sur notre quartier. Dans le n°43, nous avions publié une table analytique « pour s’y retrouver dans la richesse du site de déclic 17/18 ».
Notre site internet declic1718.org, actualisé jour après jour et enrichi : informations, dossiers et les 34 dernières livraisons de notre Journal. Nous tutoyons les 2000 visites par mois. Un certain nombre de mails déclic 17/18 informe, trop peu cette année, ont été adressés aux adhérents qui ont indiqué leur adresse internet (90 % d’entre eux).
Pour le journal aussi idées, suggestions et coups de main sont les bienvenus.
Les suggestions des adhérents de déclic 17/18 sont attendues lors de notre AG du samedi 20 décembre et aussi par courrier adressé au siège de l’association

