DU 11 OCTOBRE 2022 AU 29 JANVIER 2023 exposition AUTOUR DE L'ARTE POVERA 1960-1975 : PHOTOGRAPHIE, FILM, VIDÉO

Cette exposition donne à voir l’extraordinaire richesse d’une période où les artistes italiens se sont approprié le pouvoir narratif de la photographie, de la vidéo et du film. Des tableaux miroirs de Michelangelo Pistoletto aux grandes photographies sur toile de Giulio Paolini ou de Giovanni Anselmo, des œuvres sur photocopie d’Alighiero Boetti aux photomatons de Franco Vaccari ou aux vidéos de performance réalisées par Luciano Giaccari, elle dresse un panorama des expérimentations visuelles des avant-gardes italiennes de la période dans le domaine de l’image.

L’exposition déploie une réflexion articulée en quatre sections thématiques réparties sur les deux lieux : Corps (LE BAL), Expérience, Image, Théâtre (Jeu de Paume).

« Le point de départ de notre survol est l’arte povera dans son acception large d’avant-garde radicale alternative à la proposition pop et à l’iconoclasme conceptuel : des artistes qui ont en commun une attitude dialectique, usant des médias comme instruments d’analyse, comme documents, comme icônes. On a souvent souligné la capacité de l’art italien de s’approprier tous types de matériaux. Il n’est donc pas étonnant, pour des artistes adeptes du court-circuit, que les médias aient été tour à tour filtre, matière ou support.

La photographie se fait tableau, document, reportage, sculpture, livre, album ; les vidéos et les films, allégorie, projection, installation – comme autant d’espaces conquis pour créer un nouveau champ d’interrogations, transformer la vie en métaphore d’une quête. L’art n’est plus affirmation mais prise de conscience : les médias sont des ‹ objets › porteurs de mémoire, leur « corps » visuel et tactile conditionne la perception de la temporalité et des lieux communs de notre société. Les documents perdent leur simple fonction de témoin, ils sont désormais des reliques accomplissant ce passage ‹ du document au monument › invoqué par Foucault à la fin des années 1960.»

Giuliano Sergio, co-commissaire de l'exposition