Mercredi 17 Juillet 2019

Association des quartiers de la place de Clichy, des avenues de Clichy et de Saint-Ouen

La Zac des Batignolles au fil du temps

La maquette du projet

Beaucoup d’entre nous l’ont oublié mais, il y a presque vingt ans, en 2001, Bertrand Delanoë, le maire de Paris nouvellement élu, qui, lors de sa campagne avait promis de construire un grand parc aux Batignolles, décidait de lancer une consultation d’urbanisme sur les terrains Batignolles-Cardinet-Clichy. Quatre équipes pluridisciplinaires d’architectes et d’urbanistes planchent alors sur le devenir de cet espace de 60 hectares que l’on appelle vite ZAC BCC.

C’est alors une vaste emprise ferroviaire connue sous le nom historique de Gare des Batignolles-Marchandises, implantée vers 1921 en lisière d’un quartier qui avait vu dès les années 1820 la naissance des chemins de fer français parisiens. En 1846, Ernest Goüin avait en effet fondé une société de production de locomotives à vapeur dont les ateliers étaient situés avenue de Clichy (ils ne fermeront qu’en 1928). Une société anonyme, la Société de Construction des Batignolles (SCB) prend le relais en 1871. Après fusion avec une entreprise d’électricité, elle sera rebaptisée en 1968 Spie Batignolles…

En 2001, la ZAC BCC s’étend au sud et au nord du Bd Berthier. En marge de l’emprise de la gare, au sud et à l’est, des immeubles ont été bâtis. Ils abritent des habitations et des activités commerciales diverses (hôtels, commerces mais surtout la filiale fret routier de la SNCF, Sernam, appelée ensuite Géodis). Des camions au logo Calberson s’engagent sans arrêt sur l’avenue de Clichy rendant sa partie nord pratiquement infréquentable pour les piétons. Au nord, de l’autre côté du bd Berthier, les Magasins de l’Opéra de Paris ont été classés à l’inventaire des Monuments historiques.

En 2003, changement de programme avec la candidature de Paris pour les jeux Olympiques de 2012. Si le CIO choisit notre capitale parmi les cinq villes en lice, le Village olympique sera installé aux Batignolles. L’équipe d’architectes doit remettre l’ouvrage sur le métier en intégrant cette nouvelle contrainte.

Avec le choix de Londres, en 2004, l’aménagement Cardinet prend une tout autre direction. La friche urbaine accueillera 3500 logements, des commerces, des zones d’activité, un parc de 10,8 ha plus grand que le parc Monceau, des écoles, des crèches, un complexe de cinéma. Une concertation est mise en place avec le Comité de quartier, les riverains et des associations d’habitants, dont déCLIC 17/18. Leurs propositions feront long feu devant les considérations économiques, générant des frustrations dont certains se souviennent encore aujourd’hui.

Parmi celles-ci, déCLIC 17/8 avait dès le début souhaité que les locaux de la Forge, situés à l’est à proximité du chemin de fer de la petite ceinture, soient affectés à une petite restauration, où boire un rafraîchissement ou un café sur une terrasse agréable, déguster un en-cas tout en regardant les canards évoluer sur l’étang.

Plus de dix ans plus tard, les locaux sont toujours inoccupés et le seul point de rafraîchissement se situe de l’autre côté des voies vers le nord où il est possible de déguster… de l’eau de Paris, avec ou sans bulles et, heureusement, sans bourse délier. Les autorités compétentes que nous avons interrogées à plusieurs reprises affirment ne pas trouver de concessionnaire. Il faut dire qu’ils ont lié l’exploitation de la Forge avec celle de l’espace commercial situé au-dessus des voies. Pour un prix qui semble décourager les candidats potentiels compte tenu des contraintes liées à la fermeture du parc. En attendant, les promeneurs attendent toujours une terrasse agréable !

Des travaux sont menés simultanément à l’ouest avec la construction d’une dalle en surélévation qui accueillera des immeubles de bureaux et à l’est avec la construction en marge du jardin – baptisé Parc Martin Luther King, dont la première tranche a ouvert en 2007 sur 6,5 ha –  d’immeubles d’habitation, d’une résidence pour personnes âgées et de l’école Gilbert Cesbron.

Parallèlement à ces travaux, et après que le site de Massena initialement choisi a été abandonné, le choix est fait d’implanter le nouveau Tribunal de Paris aux Batignolles entre le bd Douaumont et le Bd Berthier. Les travaux démarrent en 2012. Après de multiples péripéties, il sera finalement mis en service en avril 2018.

En cette fin 2018, l’extension du parc MLK est en cours de réalisation, la majorité des immeubles sont sortis de terre et nombre d’entre eux sont habités. Reste le point noir des déplacements : le prolongement de la ligne 14, prévu pour soulager la ligne 13 sursaturée  n’est toujours pas mis en service. Et plus de 4 000 personnes se rendent chaque jour au Tribunal de Paris…

 

Date de publication : 
19 décembre 2018