Jeudi 02 Avril 2020

Association des quartiers de la place de Clichy, des avenues de Clichy et de Saint-Ouen

Questions aux candidats. Les réponses de Geoffroy Boulard, maire du XVIIe et candidat à sa réelection

 

1 - TRANSPORTS – CIRCULATION

 

Que comptez-vous faire ?

Pour faire respecter le code de la route ; la limitation de vitesse sur les avenues de Saint-Ouen et de Clichy par la pose de radars automatiques ; les couloirs de bus, les places de livraison, verbaliser systématiquement les stationnements en double file ; pour appliquer dans les faits l’interdiction de stationnement des 2RM sur les trottoirs. Et mettre fin à la gratuité du stationnement des 2RM.

L’urgence, c’est d’apaiser une situation devenue intenable. Depuis 2014, la Maire de Paris oppose les cyclistes aux automobilistes, les piétons aux trottinettes avec un objectif très clair : la disparition des voitures dans la capitale.

La place de la voiture à Paris doit être réduite mais pas anéantie : comment feraient nos commerçants, nos artisans pour travailler ? Comment se déplaceraient les personnes à mobilité réduite ? Nos forces de l’ordre et pompiers ?

Il est de temps de mettre fin à l’anarchie qui règne sur l’espace public en sanctuarisant nos trottoirs pour assurer la sécurité des piétons. Il convient de doubler le nombre de places de stationnement pour les trottinettes qui ne doivent ni circuler ni stationner sur les trottoirs.

Les mobilités douces doivent être encouragées par le biais de nouvelles pistes cyclables permettant de desservir des itinéraires intelligents. Je ferai installer dans chaque quartier une station de gonflage et réparation pour les vélos ainsi que des boxes sécurisés. Le nombre de bornes de recharge pour les véhicules électriques sera triplé dans le XVIIe arrondissement.

Par ailleurs, une rue commerçante par quartier sera piétonnisée chaque week-end de même que nous expérimenterons la piétonisation de rues aux abords de certaines écoles.

Afin de sécuriser certaines artères particulièrement empruntées comme les avenues de Clichy et Saint Ouen, le développement de la vidéo-verbalisation doit permettre de sanctionner les comportements dangereux et infractions que nous constations tous chaque jour : non-respect des couloirs de bus, feux rouges grillés etc.

La création d’une police municipale (3 400 agents à l’échelle parisienne) permettra le déploiement d’agents en permanence sur le terrain afin d’apaiser l’espace public en assurant la sécurité de tous les usagers de la route et des piétons notamment en faisant respecter l’interdiction des trottinettes sur les trottoirs et en verbalisant les stationnements gênants et dangereux.

Il y a également un réel enjeu de santé publique avec les nuisances sonores émises par certains véhicules : les contrôles doivent être renforcés car il est inadmissible qu’un quartier entier soit réveillé en pleine nuit.

Enfin, devenue trop complexe, la nouvelle signalétique pour les piétons, vélos, deux-roues, trottinettes etc. devra être clarifiée pour une meilleure compréhension.

 

2 -  VOIRIE (ET ENVIRONNEMENT) + QUALITE DE LA VIE

 

Que comptez-vous faire ?

1/4/5 - Pour garantir aux piétons l’usage des trottoirs en endiguant leur occupation par les terrasses et étalages illégaux ; pour contrôler les étalages démontables, stands et échoppes qui occupent l’espace public parfois sans autorisation, le plus souvent pour proposer des objets ou « souvenirs » de médiocre qualité made in « pays à très bas salaires » ; pour faire respecter par l’opérateur Clear Channel, dans le cadre du remplacement des panneaux publicitaires, les 1,60 m de trottoir libre comme le prévoit la réglementation.

Nos trottoirs et chaussées sont parfois dans un état déplorable, il convient d’engager d’urgence un plan de réparation « chaussées et trottoirs dégradés ».

Par ailleurs, les personnes en situation de handicap doivent pouvoir se déplacer normalement dans l’espace public, l’accessibilité et la sécurité doivent être renforcés, c’est une question d’égalité.

Les trottoirs doivent être réservés aux piétons dont les déplacements ne doivent pas être entravés : il convient de faire respecter strictement les règles applicables aux terrasses et étalages par des contrôles fréquents.

Pour lutter contre les incivilités notamment liées à la vie nocturne, la police municipale parisienne aura un rôle important à jouer en sensibilisant les gérants de cafés, bars etc. La présence de policiers 24H/24 permettra d’établir un dialogue et de sanctionner si besoin.

Depuis plusieurs années, nous alertons très régulièrement le Préfet de police de Paris sur la présence permanente de vendeurs à la sauvette qui en plus de ne pas se conformer aux règles d’hygiène et de santé publique, constituent une concurrence déloyale pour nos commerçants.

Une fois de plus, la police municipale aura un rôle important à jouer afin de lutter contre ces vendeurs à la sauvette.

Sur Clear Channel et le respect des 1,60 m de trottoir libre è c’est la réglementation, aucun organisme exerçant une activité sur l’espace public ne peut s’en affranchir, c’est à la Mairie de Paris de la faire respecter. Certains panneaux publicitaires ont été posés en dépit du bons sens, je l’ai parfois fait remonter aux services centraux de la voirie, c’est inacceptable et le symbole d’une politique de proximité inexistante.

Donner des moyens supplémentaires à la DEVE pour permettre un réel verdissement de nos quartiers è Paris manque cruellement d’espaces verts alors que les Parisiens réclament légitimement une ville respirable. Avec le parc Martin Luther King, ce sont 10ha d’espaces verts supplémentaires qui sont accessibles aux habitants du XVIIe qui peuvent également profiter de l’ouverture du tronçon de la petite ceinture dont l’aménagement doit être renforcé pour être plus accueillant (jardins potagers, agrès sportifs, aires de jeux, parcs canins etc).

Pour verdir notre arrondissement, je propose la prolongation de la promenade Pereire jusqu’à la porte Maillot. Dans chaque quartier, nous aménagerons un jardin pédagogique partagé qui permettra aux habitants de végétaliser certains espaces (pieds d’arbres, jardinières).

Pour limiter à une journée par semaine la possibilité de déposer des objets encombrants sur la voie publique ?

Certains confondent l’espace public avec une poubelle, c’est d’autant plus intolérable que cela nuit à notre cadre de vie. Ces incivilités doivent être sanctionnées durement.

Par ailleurs, je souhaite créer des lieux de dépôt permanents pour les petits encombrants.

Pour étudier le remplacement de la couverture de bitume des rues et trottoirs par un procédé plus écologique et réduisant la chaleur en été ?

Tout ce qui permet de lutter contre les ilots de chaleur doit être mis en œuvre, c’est une question de bon sens.

 

3 – COMMERCES

 

Êtes-vous prêts ?

A lutter contre la mono-activité commerciale (en particulier quand des rues entières sont colonisées par des restaurants ou cafés) en émettant un avis défavorable (là où ils sont en surnombre) pour l’implantation de certains commerces, voire en préemptant les pas de porte disponibles pour en contrôler l’attribution.

Il est essentiel de lutter contre la mono-activité dans certains quartiers afin que les habitants du XVIIe puissent disposer des commerces nécessaires à proximité de chez eux. C’est le sens de l’action menée par la Semaest dont le rôle doit être amplifié pour soutenir nos commerçants.

Le dispositif « Vital Quartier » devra être étendu pour permettre l’installation de commerces de proximité notamment sur l’avenue de Clichy ainsi que sur les Maréchaux.

En parallèle, je souhaite consolider et développer les associations de commerçants qui contribuent fortement à l’animation de nos quartiers, notamment pendant les fêtes de fin d’année.

La création d’un Comité de fêtes permettra de promouvoir les animations de quartier (vides-greniers, brocantes, festivals etc.)

Faire appliquer la réglementation concernant les vitrines ?

C’est une nécessité, la réglementation est faite pour être appliquée. J’ai d’ailleurs alerté à plusieurs reprises la Mairie de Paris sur des bureaux allumés toute la nuit dans certains quartiers : cette pollution visuelle est nuisible pour les riverains.

Sur les vendeurs à la sauvette. J’ai demandé un plan de lutte spécifique pour le XVIIe arrondissement car cette activité illégale s’affranchit des normes sanitaires et constitue une concurrence déloyale vis-à-vis de nos commerçants. La création d’une police municipale devra permettre de lutter plus efficacement contre ce phénomène

 

4 -  INCIVILITES

 

Que comptez-vous faire pour améliorer l’efficacité des agents chargés de la propreté, du contrôle des étalages, des parcs et jardins et plus généralement des agents de la DPSP ?

La police nationale doit pouvoir se concentrer pleinement sur ses tâches premières, sur ses missions régaliennes dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu.

Aussi, la création d’une police municipale armée permettra la présence permanente d’agents sur le terrain pour lutter contre les troubles à l’ordre public, les incivilités, les étalages illégaux etc. Ce que réclament les Parisiens, c’est une ville sécurisée. Pour répondre à cette aspiration légitime, nous devons déployer une police de proximité en lien avec les mairies d’arrondissement.

Certains candidats ont rallié la proposition faite par les élus Les Républicains de Paris en 2013 qui réclamaient déjà une police municipale à Paris : que de temps perdu…

 

5 - TRAVAUX

 

Que comptez-vous faire pour obtenir une meilleure coordination des différents opérateurs intervenant sur l’espace public (Enedis, CPCU, opérateurs téléphoniques) dans le but d’éviter une occupation chronique de l’espace public ; pour contrôler l’occupation abusive de l’espace public (au-delà d’une durée négociée lors de la signature) – chaussées et trottoirs –  par des chantiers qu’ils soient publics ou privés ? Quelles sanctions financières ? Quels moyens pour les recouvrer ?

La gestion et l’organisation des travaux souffrent d’un manque de coordination évident et d’un laisser-aller de la Mairie de Paris incapable de sanctionner réellement les entreprises ne respectant pas les règles les plus élémentaires. Comment accepter que des emprises empiètent pendant des mois sur l’espace public sans que des travaux ne soient engagés ?

Les entreprises intervenant sur l’espace public disposent d’un délai de 30 jours pour remettre en état la voirie, la chaussée. Ce délai n’est jamais respecté, c’est absolument inacceptable et symptomatique de la gestion de notre Ville.

Si les habitants du XVIIe me font confiance, je chargerai un de mes adjoints de la coordination des travaux dans le XVIIe, il est nécessaire qu’une telle délégation voie le jour à l’Hôtel de Ville.

 

6 - ACTION MUNICIPALE – STRUCTURES DE CONCERTATION

 

Que comptez-vous faire ?

Pour relancer la concertation compte tenu de la déliquescence de l’activité des Comités de Quartier ?

Depuis le début de mon mandat, j’ai eu à cœur d’associer les habitants du XVIIe aux décisions prises, en les consultant lors des réunions publiques mais également lors d’échanges informels. Je n’hésite pas à recevoir à la Mairie des riverains opposés à certaines décisions.

Les élus ne sont pas infaillibles, ils n’ont pas la science infuse, ils peuvent faire des erreurs.

En tant que maire d’arrondissement, je veux bien assumer toutes les décisions tant que j’en ai la responsabilité. La particularité de la Ville de Paris tient à la séparation des pouvoirs entre la Maire de Paris et les maires d’arrondissement dont les prérogatives doivent être renforcées.

Rendre des comptes est un élément essentiel du mandat d’élu mais je ne peux assumer pleinement des décisions prises contre ma volonté par l’Hôtel de Ville.

Si je prends l’exemple des mises en sens unique des avenues de Clichy et Saint Ouen, la Maire de Paris nous a mis devant le fait accompli sans organiser une réelle concertation ni étudier les conséquences réelles de tels aménagements.

C’est pourquoi je prends le temps de murir les choix que je fais pour l’arrondissement, je ne conçois pas la puissance publique comme déconnectée de ses administrés.

La décisions doivent être prises au plus près des personnes qu’elles impactent : c’est ça, la proximité

 

Êtes-vous favorables à la poursuite des budgets participatifs ? Quelles améliorations apporter au contrôle des votants ? Pouvez-vous vous engager à ce que les projets adoptés soient réalisés dans les trois ans ?

Quel est l’objet du budget participatif ? Tel que je le comprends, l’objectif affiché était de permettre aux Parisiens de construire, d’améliorer la vie de leurs quartiers, de les végétaliser etc.

Au final, que s’est-il passé ? Sous couvert de participation citoyenne, la Mairie de Paris a instrumentalisé le budget participatif pour réaliser des travaux courants dans certaines écoles, des travaux de voirie etc. bref. La gestion des écoles, c’est le rôle de la Mairie de Paris, pareil pour la voirie.

Le budget participatif doit être bien mieux encadré : on a vu des Parisiens pouvoirs voter à plusieurs endroits sans aucun contrôle.

Par ailleurs, il y a un devoir de transparence et de sincérité qui doit être fait : comment accepter de faire voter les Parisiens pour des projets irréalisables ou financièrement trop coûteux pour la Ville ?

Les délais observés entre le vote et le déblocage des enveloppes afférées aux projet est symptomatique de la gestion actuelle de la Mairie de Paris : entre 2020, on vote encore les enveloppes budgétaires de projets choisis par les parisiens en 2015 ou 2016.

Pour être efficace, le budget participatif doit être encadré, transparent et être affecté à des projets ne s’inscrivant pas dans les obligations légales de la Mairie de Paris comme l’entretien de nos écoles.

Date de publication : 
Jeudi 27 février 2020